De plus en plus, les équipes policières sont appelées à intervenir auprès de personnes en détresse psychologique. Pour mieux répondre à ces situations souvent complexes, Santé Québec Estrie – CHUS et plusieurs corps policiers de la région ont mis en place une approche collaborative : les équipes mobiles d’intervention psychosociale (EMIP).

Au cœur de cette initiative : une conviction simple, mais porteuse : mieux accompagner les personnes en crise en combinant l’expertise policière et psychosociale. 

 

Intervenir autrement en situation de crise 

 

La mission des EMIP est d’accompagner et de soutenir les policiers et policières lors d’interventions impliquant des adultes en situation de crise ou de détresse psychologique. Ces personnes sont parfois déjà connues de nos services en santé mentale ou en dépendance, mais pas toujours. 

Concrètement, des travailleuses sociales de Santé Québec Estrie – CHUS collaborent directement avec les équipes policières, en temps réel. 

Cette complémentarité permet d’évaluer plus finement les situations et d’adapter les interventions aux besoins des personnes. 

Les EMIP ont été mises en place, à la suite d’un projet pilote concluant réalisé en 2018. 

Aujourd’hui, différentes modalités sont en place selon les réalités locales : à Sherbrooke, une travailleuse sociale accompagne les policiers en auto-patrouille.

Dans les RLS de la Haute-Yamaska, de Memphrémagog, de La Pommeraie, de Val Saint-François et des Sources, une travailleuse sociale est au poste de police et soutient les policiers par téléphone. Elle fait aussi parfois des interventions « terrain » avec les policiers et policières. 

Une meilleure réponse aux besoins réels des usagers et usagères 

 

Au cours de la dernière année, près de 2000 interventions ont été réalisées par les ÉMIP directement auprès d’usagers et usagères, en plus des nombreuses consultations auprès des policiers et policières pour améliorer les pratiques au quotidien et augmenter les connaissances.  

La collaboration entre policiers et travailleuses sociales permet d’observer des retombées positives bien concrètes : 

 

  • Une désescalade plus rapide des situations de crise 
  • Une meilleure orientation vers les ressources appropriées (CLSC, ressources en santé mentale, organismes communautaires, etc.) 
  • Une réduction des arrestations et du recours à la judiciarisation lorsque ce n’est pas nécessaire 
  • Une diminution des appels aux services de police par des usagers ou usagères ayant une problématique de santé mentale 
  • Une prise en charge plus adaptée aux besoins des personnes 

« J’adore la collaboration avec les policiers. À travers des interventions innovantes, nous réussissons à offrir à la personne des services de soutien au moment opportun. Je suis fière de pouvoir dire qu’une travailleuse sociale a maintenant sa place et sa pertinence au sein du milieu policier. »

Sara-Eve Aubert, travailleuse sociale

Du côté des services policiers, ce partenariat représente aussi un soutien précieux dans un contexte d’intervention souvent exigeant.

« La présence de la travailleuse sociale fait une grande différence. Avec son expertise, elle nous soutient dans les interventions qui nécessitent une approche multidisciplinaire. De plus, elle est une présence rassurante pour les citoyens et citoyennes lors des interventions terrains. »

sergent Francis Rioux, poste de la Sûreté du Québec de la MRC des Sources

Et pour la suite 

 

L’équipe derrière les EMIP espère continuer à déployer le projet de façon à couvrir tous les RLS de l’Estrie. 

Photo d’entête : Sara-Eve Aubert, travailleuse sociale, et le sergent Francis Rioux, du poste de la Sûreté du Québec de la MRC des Sources 

 

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