Deux mains qui se tiennent.

Dépendance et sevrage à domicile : proches aidants et équipe soignante unis

4 juin 2026

Quelle idée vous faites-vous du rôle de proche aidant? Souvent, l’image qui nous vient en tête est celle d’une conjointe ou d’un fils, par exemple, qui porte assistance à une personne aînée en perte d’autonomie . Pourtant, la proche aidance dépasse largement ce seul contexte. Découvrez ici un volet peu connu de la proche aidance. 

Les personnes proches aidantes sont aussi des partenaires importants des équipes de réadaptation en dépendance. Depuis février 2025, une équipe du Centre de réadaptation en dépendance (CRD) JeanPatriceChiasson mise sur une approche novatrice: permettre aux adultes ayant une dépendance à l’alcool de légère à modérée d’effectuer leur sevrage chez eux. Ce service ambulatoire rapproche les soins du milieu de vie et offre à l’usager ou à l’usagère un environnement familier, favorable au mieuxêtre.  

 

Pour les proches, être partie prenante permet de mieux aider  

 

Dans ce programme, les proches ne sont pas de simples spectateurs : ils deviennent des partenaires incontournables du processus de rétablissement. L’infirmière de l’équipe les accompagne pas à pas, leur transmet des informations claires et des conseils pratiques pour qu’ils puissent soutenir l’usager ou l’usagère sans alourdir leur fardeau. Résultat : les proches se sentent outillés, écoutés et rassurés. Plusieurs témoignent de leur gratitude envers l’équipe. 

« Je ne m’attendais pas à être incluse dans la thérapie, et pourtant, cela m’a fait un bien immense. Être impliquée m’a permis de mieux comprendre ce que mon conjoint vivait et de découvrir tout l’aspect médical du sevrage. Ça m’a réellement aidée à saisir plus clairement la maladie de l’alcoolisme. 

J’ai aussi beaucoup apprécié l’approche humaine lors des suivis. Aujourd’hui, cela fait neuf mois que mon conjoint est abstinent. Il y a une belle communication entre nous et, après 36 ans de vie commune, je peux dire que je suis retombée en amour avec lui. Merci à l’équipe du sevrage ambulatoire. »

– Une conjointe proche aidante

Un accompagnement quotidien personnalisé 

 

Pendant la semaine de sevrage (sept jours), l’infirmière appelle l’usager ou l’usagère chaque jour pour faire un suivi, offrant écoute, conseils et encouragements. Ces échanges sont précieux, surtout pour les personnes qui vivent de la culpabilité et de l’anxiété liées à leur dépendance. L’infirmière, sans jugement, les aide à garder le cap et à croire en leur capacité de réussir. Mais ce soutien professionnel ne suffit pas : la présence d’un proche est la clé pour traverser cette étape difficile.  

Le sevrage est l’ensemble des symptômes physiques et psychologiques transitoires survenant lors de l’arrêt de consommation d’une substance à laquelle la personne est dépendante, par exemple l’alcool. 

Un travail d’équipe pour la sécurité et la réussite 

 

Le sevrage implique la prise de médicaments, ce qui nécessite vigilance et surveillance. La présence d’un proche est essentielle pour assurer la sécurité et la continuité du traitement. Pour guider les proches, l’équipe de réadaptation – épaulée également par l’équipe de la pharmacie – remet un document simple et clair expliquant le déroulement du sevrage et les gestes à poser selon la situation, par exemple l’oubli d’une dose. 

 

Les proches peuvent poser toutes leurs questions concernant la médication, les symptômes ou l’état psychologique de la personne en sevrage. Les intervenants sont là pour informer, soutenir et écouter. 

Un groupe de 4 devant un mur jaune.

L’équipe du service ambulatoire du CRD Jean-Patrice-Chiasson. De gauche à droite : Laurent-Xavier Breton, chef de service, Aline Côté, infirmière clinicienne, Dre Mélina Dion et Cédric Fortier, assistant au supérieur immédiat. 

Quand les visages s’illuminent 

 

Malgré les défis des premiers jours, l’infirmière constate rapidement des changements positifs pour les usagers et usagères qui vivent leur sevrage à domicile avec l’aide d’un proche aidant. Leur voix retrouve de la vitalité, leur visage s’illumine. Ces personnes sont heureuses de reprendre leurs activités et reconnaissantes de pouvoir vivre cette étape importante chez elles, entourées et accompagnées. La dyade aidant-aidé se sent soutenue, ce qui renforce la réussite du programme. 

 

Un partenariat gagnant pour le rétablissement 

 

Ce service du CRD Jean-Patrice-Chiasson démontre que le rétablissement ne repose pas uniquement sur les soins professionnels : il s’appuie aussi sur la présence et l’engagement des proches aidants. Leur rôle est essentiel pour assurer la sécurité du traitement, soutenir la motivation et offrir un environnement rassurant. En collaboration avec l’infirmière, les proches aidants et proches aidantes deviennent des acteurs clés du succès du programme. 

Voilà un bel exemple d’une alliance solide qui permet une démarche humaine, bienveillante et efficace. 

 

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