Entre deux visites à domicile, dans le calme qui suit parfois des moments hauts en émotion, une question s’est glissée au cœur de l’équipe de soutien à domicile en soins palliatifs de Sherbrooke. Une question simple, presque murmurée, mais porteuse de sens : Comment continuer à être pleinement présent pour les autres… sans s’oublier en chemin?
Une prise de conscience née du terrain
Parce qu’accompagner la fin de vie, ce n’est jamais banal. C’est un travail qui touche, qui marque, qui reste. Un travail où l’on donne beaucoup, parfois même sans s’en rendre compte. Et à la longue, même les plus solides peuvent s’essouffler.
Le jour où la question a été soulevée au sein de l’équipe, personne n’avait de grande théorie à proposer. Pas de solution toute faite. Juste un ressenti partagé. Au lieu de garder cette question pour elle, l’équipe a fait un choix simple, mais courageux : solliciter une expertise.
Avec l’appui du service de transfert de connaissances de la Direction de la coordination de la mission universitaire (DCMU), une démarche a doucement pris forme. Pas compliquée. Pas lourde. Simplement humaine.
On est allé voir ce qui se faisait ailleurs, dans d’autres établissements. Lire, s’inspirer et comprendre ce que d’autres vivent. Mais surtout, on est revenu à l’essentiel : la réalité de l’équipe, un vif désir de bien faire son travail, mais aussi un certain essoufflement.
Un moment vrai et empreint d’humanisme
Puis est venu l’atelier. Pas une formation rigide ni un enchaînement de concepts.
Plutôt un espace d’échanges, un vrai. Un moment pour s’arrêter, respirer et se dire les choses.
On y a parlé sans filtre, sans jargon et avec sincérité. Des défis, oui. Mais aussi de ce qui aide à tenir le coup. De ces petits riens qui, au fond, changent tout.
Une réponse riche déjà là, au sein même de l’équipe
L’équipe n’était pas démunie. Au contraire.
Elle portait déjà en elle une foule de gestes précieux, discrets, spontanés, presque invisibles. Des réflexes de solidarité, de soutien, d’attention.
Alors une autre question est apparue : Et si on faisait plus de place à ces gestes précieux?
De cette réflexion sont nées des solutions simples, mais profondément ancrées dans le réel, par exemple :
- Se retrouver autour d’un dîner hebdomadaire, juste pour souffler… et se retrouver autrement.
- Créer des espaces de codéveloppement, pour partager les situations vécues et apprendre ensemble.
- Installer un mur de reconnaissance, pour ne pas laisser s’effacer les mots des familles et les bons coups du quotidien.
- Rien de spectaculaire. Mais quelque chose d’essentiel : prendre soin du lien entre les humains.
Quand une question ouvre la voie
Cette histoire n’est pas celle d’un grand chantier ou d’une transformation spectaculaire.
C’est celle d’un moment d’honnêteté. Des membres d’une équipe qui ont osé se poser une vraie question. Et qui ont accepté d’y répondre… ensemble.
Elle nous rappelle que la mission universitaire prend concrètement tout son sens lorsqu’elle touche le terrain. Lorsqu’elle nourrit la réflexion. Lorsqu’elle devient vivante, incarnée.
Ici, tout a commencé par une préoccupation et le désir sincère d’y faire face plutôt que de la balayer sous le tapis.
Et si, dans votre équipe aussi, la prochaine amélioration naissait d’une question comme celle-là?
Photo d’entête : Des membres de l’équipe de soutien à domicile en soins palliatifs : Gabriella Goupil, stagiaire en soins infirmiers, Marie-Pierre Levasseur, infirmière clinicienne, Christelle Rott Naas, infirmière clinicienne, Sabrina Kouider, infirmière clinicienne, Cynthia Lapointe, assistante au supérieur immédiat, Marie-Ève Bureau, infirmière clinicienne, Vanessa Cloutier, assistante au supérieur immédiat, Claudia Beaudette, infirmière, et Sabrina D’Amours, infirmière clinicienne



