Une équipe qui œuvre auprès de la clientèle avec une déficience intellectuelle (DI) ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA) s’est baptisée la « SWAT Team ». Pourquoi? Elle s’est déployée rapidement et dans un but très précis : prévenir la démotivation chez les usagers vulnérables contraints de rester à la maison.


En décembre 2021, en plein cœur d’une des vagues de la COVID-19, près de 450 adultes présentant une DI ou un TSA ont vu leurs activités spécialisées cesser. C’est que de nombreux intervenants travaillant dans les services d’intégration sociocommunautaire et socioprofessionnelle pour cette clientèle ont dû aller pour prêter main-forte ailleurs dans l’établissement.

Des activités originales pour prévenir l’isolement

« C’est pour prévenir le déconditionnement de ces usagers, maintenir leurs acquis et éviter l’isolement que la SWAT Team a été mise sur pied. Durant dix semaines, cette équipe d’intervention s’est surpassée pour déployer des stratégies et des activités permettant de soutenir les usagers malgré l’interruption des services de réadaptation. Par exemple en utilisant des moyens technologiques. Et ce, dans tous les RLS desservis. »

– Manon Sanschagrin, chef de module

Manon Sanschagrin, chef de module

Les intervenantes ont organisé des activités virtuelles pour les usagers qui devaient rester à la maison. Par exemple, des visites au zoo ou au musée, une randonnée de motoneige (eh oui!), un spectacle de musique… Même que Tim Brink, participant de l’émission La Voix, a offert aux usagers un spectacle sur YouTube! Et lors de parties de bingo interactives en ligne, les usagers pouvaient voir à l’écran le visage de leurs camarades et échanger avec eux.

 

Une équipe de feu vivement déterminée

 

La SWAT Team a aussi adopté de nouvelles habitudes. Téléphoner aux usagers ou à leurs familles presque quotidiennement pour jaser avec eux, écouter leurs besoins et les soutenir pendant cette période difficile. Visiter les usagers chez eux et réaliser des activités extérieures ou intérieures afin de les stimuler et les encourager à bouger. Par le fait même, donner du répit aux familles, ou encore profiter de la visite pour mieux les outiller.

« Je repense à Marco* qui vivait très mal l’isolement causé par la pandémie. Avant, il prenait le transport adapté le matin pour se rendre en plateau de travail, où il côtoyait des amis et toutes sortes de personnes. Il était actif et c’était valorisant pour lui. Quand sa routine a été brisée et qu’il a dû rester à la maison tous les jours, il est devenu très négatif. Il haussait le ton. Sa famille est devenue vraiment inquiète. Comme le soutien au téléphone ne suffisait pas, je suis allée le voir. Avec lui, j’ai créé un horaire incluant différentes activités en lien direct avec ses intérêts personnels. Marco est passionné par les appareils électriques, alors j’ai trouvé de vieux téléphones et de vieilles radios qu’il pouvait démonter. Il s’intéresse aussi beaucoup aux voitures, alors il a accepté avec enthousiasme le défi de repérer différents modèles de voitures dans une encyclopédie. »

– Nathalie Gagné, technicienne en éducation spécialisée

*Prénom fictif pour protéger l’identité de l’usager

Nathalie Gagné, technicienne en éducation spécialisée

Du positif pour les usagers… et pour les intervenants!

« Les initiatives de la SWAT Team ont eu un impact majeur sur la qualité de vie des usagers. À la reprise récente des services, nous avons pu observer que le travail de l’équipe a permis d’éviter ou de diminuer significativement le déconditionnement chez les usagers, en comparaison des vagues précédentes de la pandémie. »

– Chantal St-Onge, chef de service

Chantal St-Onge, chef de service

Bien que centré sur les usagers, le projet a également eu l’effet de raviver la flamme chez plusieurs intervenants, très conscients de faire une réelle différence dans la vie des usagers pendant une période difficile. Quant aux intervenants partis prêter main-forte dans d’autres secteurs, ils étaient rassurés et reconnaissants de savoir que les usagers qu’ils desservaient habituellement recevaient un soutien régulier de la SWAT Team.

C’est maintenant bien implanté : les intervenants continuent d’utiliser la technologie pour bonifier leurs interventions, même avec le retour des usagers dans les services réguliers.

Comme quoi à travers la pandémie ont réussi à se glisser de nouvelles façons de faire avantageuses pour les usagers, et durables.

Qui sont-elles?

La SWAT Team est composée de Manon Sanschagrin, chef de module, et des techniciennes en éducation spécialisée Ginette Brulotte,  Nathalie Gagné,  Bernice Keats, Line Laferrière, Nathalie Laroche, Marianne Nadeau, Manon Rochette, Trudy Stuart et Julie Vaillancourt.

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