Deux personnes noires souriants.

Mon stage : une expérience de reconstruction professionnelle et d’autonomisation

1 avril 2026

Le travailleur social Bernadin Larrieux a fait ses débuts en tant que stagiaire au CLSC Cowansville en 2023. Il nous raconte cette expérience qui a marqué son parcours professionnel et l’a incité à se joindre à l’équipe du CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

Le stage en travail social constitue un espace privilégié de professionnalisation, où se croisent apprentissages théoriques, interventions pratiques et construction identitaire. On y développe des compétences, mais on s’y fait aussi évaluer dans un environnement parfois complètement différent de ce qu’on pouvait s’imaginer au départ.

Cette situation d’apprentissage peut faire ressentir toute une gamme d’émotions, allant de la reconnaissance à la déception.  

 

Un parcours marqué par l’épreuve et la remise en question 

 

Mon premier stage a été différent de ce à quoi je m’attendais, ce qui m’a amenée à vivre certaines remises en question quant à mon parcours et à mon sentiment de légitimité dans le champ du travail social.

Ces réflexions m’ont toutefois permis de mieux comprendre mes aspirations professionnelles, en cohérence avec le principe d’autodétermination, une valeur fondamentale du travail social.

Cette expérience a contribué à enrichir ma compréhension des enjeux du milieu professionnel. 

 

L’accès au stage : entre vulnérabilité et résilience

 

Quand j’ai obtenu mon deuxième stage, au CLSC de Cowansville, mes sentiments étaient mitigés. Après ma première expérience, la perspective de réintégrer un milieu de stage générait chez moi un mélange d’espoir et d’appréhension.

En tant que personne issue de l’immigration, je percevais également les défis liés à l’intégration professionnelle, notamment l’importance de développer un réseau de contacts dans le milieu professionnel.  

Cette période a mis en évidence ma vulnérabilité, mais aussi ma capacité de résilience. Malgré les doutes, j’ai choisi de m’engager activement dans cette nouvelle opportunité.  

 

La supervision comme levier pour développer son autonomie

 

Le début de mon deuxième stage, qui s’est déroulé au CLSC de Cowansville, a marqué un tournant significatif. L’accompagnement offert par mon superviseur, le travailleur social Antoine Maudeles Azor, s’est distingué par une approche centrée sur la reconnaissance des forces, le dialogue et l’apprentissage.  

Cette approche s’apparente au modèle d’autonomisation, qui vise le développement du pouvoir d’agir et l’appropriation progressive des compétences.  En valorisant mes acquis et en identifiant clairement les axes d’amélioration, ce superviseur a contribué à restaurer ma confiance professionnelle.

Le partage de ses propres expériences, y compris les défis rencontrés dans son parcours d’intégration, a également humanisé la relation pédagogique et favorisé un climat de confiance. 

Mon superviseur avait ainsi créé un espace sécurisant permettant l’analyse des interventions, la consolidation des savoirs et le développement d’une autonomie dans la gestion des dossiers. 

Construction de l’identité professionnelle

 

Au fil du stage, j’ai appris à affirmer mes compétences, à prendre des initiatives et à développer une plus grande assurance dans mes interventions. J’ai été en mesure de me définir sur le plan professionnel. Mon expérience négative antérieure a été intégrée non comme un motif d’abandon, mais comme une étape dans un parcours de maturation professionnelle. 

Ce stage a également renforcé ma compréhension des exigences éthiques et relationnelles du travail social :

  • écoute active,
  • respect de la dignité,
  • reconnaissance des savoirs expérientiels des usagers et usagères, 
  • collaboration interprofessionnelle,
  • etc.

 

Une expérience difficile transformée en occasion de croissance 

 

Cette expérience m’a permis de comprendre que la qualité de la supervision influence le développement des compétences et l’engagement professionnel. Elle m’a également appris que la résilience, soutenue par un encadrement bienveillant et structurant, peut transformer une expérience difficile en un levier de croissance.

 Cette expérience m’a permis de comprendre que la qualité de la supervision influence le développement des compétences et l’engagement professionnel.

Photo d’entête : Bernadin Larrieux et son ancien superviseur de stage, Antoine Maudeles Azor, travaillent désormais ensemble en tant que travailleurs sociaux au CLSC de Cowansville. 

 

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