La tutrice en soins infirmiers est essentielle pour la nouvelle infirmière ou la stagiaire. C’est son premier soutien en milieu de soins. Elle la guidera et l’influencera par son attitude et son professionnalisme. Une responsabilité unique qui porte loin dans le temps.

La semaine du 16 mai, une surprise attendait les tutrices en soins infirmiers. Une collation spéciale1 et un mot de remerciement du CIUSSS de l’Estrie – CHUS. On voulait ainsi souligner le soutien inestimable qu’elles apportent à la relève infirmière. Sans les tutrices, les soins n’auraient pas la même qualité. Elles nous sont indispensables!

Mais c’est quoi, une tutrice en soins infirmiers? C’est une infirmière d’expérience jumelée à une stagiaire ou à une nouvelle infirmière durant les premières semaines de son entrée en fonction. Elle est là pour la guider, la rassurer et l’aider à s’intégrer. Par sa présence constante, la tutrice a une grande influence chez la recrue. Elle reste souvent la personne de référence, même après la période d’intégration. Son appui influence le taux de rétention de la relève et son développement professionnel.

Franck Boulasladj, conseiller en soins infirmiers par intérim – organisation du travail en soins infirmiers

 

« On compte environ 500 tutrices en soins infirmiers chez nous. Il y en a dans tous les secteurs, sur tous les quarts de travail. Elles orientent une personne à la fois, mais peuvent soutenir l’intégration de plusieurs recrues durant l’année. Elles jouent ce rôle tout en assumant leur charge de travail habituelle. Un véritable tour de force, qu’il faut faire valoir. »

– Franck Boulasladj

Une grande capacité d’adaptation

Voilà sans doute la plus grande qualité des tutrices en soins infirmiers. Elles s’adaptent aux nouvelles générations, qui ont des valeurs et des buts différents de leurs ainés. Elles s’adaptent au caractère et à la capacité d’apprendre de chaque recrue. Elles adaptent leur approche aux personnes d’autres cultures qu’elles orientent. En somme, elles s’adaptent aux besoins particuliers de chacun. Jour après jour.

« La période de pandémie a été plutôt difficile. La relève arrivait parfois avec écarts de connaissances résultant de formations écourtées. Là aussi, les tutrices ont dû s’adapter et pallier les manques. Chaque jour, elles font un travail essentiel pour enseigner des soins de qualité. Leur motivation : consolider les compétences en transmettant leur expertise. Au bénéfice des novices, mais aussi de toute la population », poursuit Franck Boulasladj.

La récente activité de reconnaissance organisée pour les tutrices fait partie des gestes pour valoriser leur apport. D’autres actions sont à venir. « Nous voulons outiller les tutrices en soins infirmiers. C’est un gros projet démarré avant la pandémie, et que nous reprenons maintenant. Formations accréditées, activités de réseautage, comité pour la valorisation de leur rôle. Nous souhaitons mieux épauler nos tutrices, et en recruter d’autres! », ajoute-t-il.

Une tutrice comblée et des recrues reconnaissantes

Nadia Ouellet est chef d’équipe au bloc opératoire de chirurgie vasculaire et thoracique de l’Hôpital Fleurimont. Elle est aussi tutrice depuis 12 ans. Un rôle qui lui va comme un gant. « J’oriente quatre à six recrues par année et j’adore ça. Enseigner me force à me tenir à jour dans ma pratique. Ça me permet de revoir mes techniques, l’organisation de ma salle. Et ça me garde jeune! »

Sa plus grande fierté? Lorsque « ses » infirmières reviennent la voir pour la remercier. De sa rigueur, de sa grande écoute, de son professionnalisme. 

« Quand elles parlent avec plaisir de leur passage dans ma salle, c’est très gratifiant. La relève a besoin que nous soyons les meilleurs guides possibles. Un jour, ce sera nous qui aurons besoin de soins.»

Nadia Ouellet, chef d’équipe au bloc opératoire de chirurgie vasculaire et thoracique de l’Hôpital Fleurimont

 

Infirmier depuis mars 2022, Abdoulaye Compoaré travaille actuellement en cliniques externes à l’Hôpital Fleurimont. Il passera sous peu son examen de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Et il sait qu’il sera bien préparé. Notamment grâce à son tuteur, qui l’a accompagné et aidé durant son intégration.

« Il s’appelait Mauricio Barreto. Il était très disponible, accueillant et il m’écoutait. Avec lui, il n’y avait aucune question bête ou absurde. Cela m’a grandement donné confiance en moi. J’ai beaucoup appris à son contact. Je suis content de l’avoir connu. »

– Abdoulaye Compoaré

Abdoulaye Compoaré, infirmier en cliniques externes à l’Hôpital Fleurimont

 

Mélany Pruneau est infirmière et fait partie des équipes volantes. Après avoir travaillé en pneumologie et en néphrologie, elle ira à la clinique GARE2 cet été. Elle est devenue infirmière en 2021, après avoir été infirmière auxiliaire.

« J’ai eu moins besoin d’encadrement que d’autres, mais les tutrices ont toujours été présentes. Disponibles quand j’en avais besoin. Même si mes stages se sont déroulés au pire de la pandémie. Jamais je n’ai été laissée à moi-même, sans ressource. Ces infirmières ont vraiment notre réussite à cœur. C’est une chance de les avoir. »

– Mélany Pruneau

Mélany Pruneau, infirmière dans les équipes volantes

 

L’apport des tutrices en soins infirmiers est crucial. Pour l’arrivée des novices, mais aussi pour tout leur développement professionnel. Une responsabilité qu’on valorisera de plus en plus.

L’aventure vous tente? Lancez-vous!

Des tuteurs dans tous les secteurs

On compte environ 500 tutrices en soins infirmiers chez nous. Mais il y a des tuteurs ailleurs aussi. Dans toutes les sphères d’activités, cliniques ou de soutien. De l’électricien au technicien biomédical, de la réceptionniste à l’audiologiste.

Toutefois, on n’en connait pas le nombre total. Car ce n’est pas toujours un mandat établi formellement. C’est un rôle qu’on assume au gré des besoins, des intérêts. Ce qu’on sait, cependant, c’est que les tuteurs sont essentiels!

Pourquoi vouloir devenir tutrice en soins infirmiers?

  • Parce que c’est stimulant de transmettre son savoir, son expérience.
  • Parce qu’on devient un modèle, une référence, une inspiration.
  • Parce que, comme infirmière, on a eu besoin d’une tutrice un jour.
  • Parce qu’on se souvient avec plaisir des tuteurs qui nous ont aidées.
  • Parce que ça créé une ouverture sur la différence et sur les autres.
  • Parce que la vision d’une autre génération ou culture nous amène plus loin.
  • Parce que ça aide à développer ses propres compétences!

Tutorat et mentorat, pas la même chose!

Le tutorat, c’est le soutien de l’infirmière expérimentée à la recrue à son arrivée. Pour l’aider à s’intégrer, à connaître ses repères. C’est donc circonscrit dans le temps.

Le mentorat lui, est davantage une relation d’égal à égal. Une relation qu’on développe avec un pair qui constitue un modèle pour nous. Avec une personne qui nous permet d’aller plus loin dans nos compétences. C’est un lien plus durable, plus profond.

Cela dit, un tuteur peut très bien devenir un mentor!

 

 

 

1 La collation spéciale a été offerte par la Direction des soins infirmiers, secteur Compétences, soutien et encadrement clinique et secteur Organisation du travail et des soins infirmiers. 

2 GARE : grossesses à risque élevée

 

 

Photo en-tête : Des tuteurs au Centre d’hébergement de Weedon ont eu une belle surprise dans la semaine du 16 mai! De gauche à droite : Natacha Grenier et Joyce Lloyd, infirmières auxiliaires; Mindy Bazinet-Gallant, assistante au supérieur immédiat; Tommy Labrie, infirmier auxiliaire.

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